Prima la vita

(Il tempo che ci vuole), de Francesca Comencini avec Fabrizio Gifuni, Romana Maggiora Vergano, Anna Mangiocavallo, Italie, 2024, 1h49

🇮🇹 Italien Lycée Nouveauté

Synopsis

Un père et sa fille habitent les mondes de l’enfance. Il lui parle avec respect et sérieux, comme à une grande personne, il l’entraine dans des univers magiques débordants de vie et d’humanité. Il est le grand cinéaste de l’enfance et travaille sur Pinocchio. Un jour, la petite fille devient une jeune femme et l’enchantement disparait. Elle comprend que la rupture avec l’enfance est inéluctable et a le sentiment qu’elle ne sera plus jamais à la hauteur de son père. Alors elle commence à lui mentir et se laisse aller, jusqu’au bord du gouffre. Le père ne fera pas semblant de ne pas voir. Il sera là pour elle, tout le temps qu’il faut.

Avis Cinélangues

Prima la vita est une déclaration d’amour au septième art et à un cinéaste renommé, Luigi Comencini, de la part de sa fille, qui est elle-même devenue une réalisatrice accomplie. Elle se concentre sur les hauts et les bas d’une relation puissante qui la lie à son père depuis son enfance, en éludant volontiers la présence des autres membres de la famille. On découvre la fascination de la petite Francesca pour son père, qu’elle observe travailler dans son bureau rempli de livres jusqu’au plafond, éclairé d’une lumière tamisée. Sur ses tournages, où elle participe en tant que figurante, elle saisit la magie du cinéma. La scène de la « luce a cavallo » résume parfaitement ce baptême artistique qui la marquera à jamais. Tout bascule lorsqu’elle atteint l’âge adulte, dans le contexte des « années de plomb », où Francesca sombre dans la toxicomanie. Son regard sur son père change. Elle le perçoit comme un homme imprégné de valeurs patriarcales, incapable de concéder aux femmes la place qu’elles méritent et craint de ne pas répondre à ses attentes. Luigi prend conscience de l’impératif d’intervenir. La phrase « Prima la vita, poi il cinema », qu’il prononce pendant le tournage de Pinocchio, dans le sens que l’art doit donner la priorité à la vie, devient l’un des messages clés du film. Pour arracher sa fille des griffes de l’héroïne, il l’emmène à Paris, où il décide de lui accorder le temps nécessaire, « Il tempo che ci vuole », titre du film dans la version originale. Paris, ville emblématique du cinéma, permettra à Francesca de retrouver le plaisir d’une évasion à travers l’art et de se libérer de son addiction. Elle pourra ainsi se reconnecter avec elle-même, renouer avec Luigi et tracer sa propre voie. Prima la vita est un film émouvant et délicat où chacun peut se reconnaître.

Public conseillé : Lycée

Éléments du programme :

Seconde : Représentation de soi et rapport à autrui

Cycle terminal : Espace privé et espace public (émancipation des femmes), Art et pouvoir (la place des femmes dans l’art)

Dossier et/ou liens pédagogiques : Dossier de presse